mardi 18 décembre 2007

Vivre sur les prêts et bourses

J'ai appris la semaine dernière que j'allais être coupée des deux tiers de mon aide financière jusqu'en août en allant bêtement voir mon nouveau calcul qui avait été réalisé. J'ai paralysé, quelque 5000$ de moins pour vivre alors qu'on est déjà sous le seuil de la pauvreté ! J'appelle en castatrophe les prêts et bourses de mon école : "désolée madame, c'est comme ça, on ne peut rien faire, l'ordinateur récupère l'argent versé en trop il y a trois ans, c'est tout". Et ma famille ? Et mes besoins ? Et ma vie ? Le commis était désolé... En quelques jours, ma vie est changée pour plusieurs mois. Adieu mes projets et mes besoins, pour vivre dorénavant, il faudra que je concentre toutes mes ressources sur le simple fait de manger. Dommage, moi qui voulait investir dans des bottes pour l'hiver. Aux prêts et bourses, on me parle comme si je faisais du caprice et que je ne voulais pas comprendre leur logique : "ben il fallait nous avertir avant, comme ça vous ne seriez pas coupée cette année". Bien sûr que non, je l'aurais été l'année dernière ! Quelle différence cela fait-il ?
Si les prêts et bourses étaient une entreprise privée, j'ai l'impression (et je trouve cela dommage de le penser) que le service serait meilleur, qu'il y aurait au moins un superviseur à qui parler quand il y a un problème et que le comité des demandes de dérogations ne se réunirait pas seulement cinq fois par année. Dernièrement, un bog informatique a empêché l'accès au système pendant 5 jours ouvrables ! Vous imaginez la caisse populaire ou la banque nationale avec un tel problème qui perdure ? Jamais !
On donne comme excuse aux coupures que c'est pour limiter notre endettement... mais c'est la bourse qu'il m'ont donné en trop que je me trouve à rembourser... n'imporque quoi !
Une amie à moi a déjà voulu se plaindre et elle a cherché en vain le bureau des plaintes... mais il n'existait pas ! Pas de lieu précis, seulement un numéro, lequel était toujours occupé évidement ! Je me demande s'ils ont rectifié la situation. Finalement, elle a dû faire affaire avec le député de sa région pour que son dossier soit débloqué. Elle avait été victime d'un bog dans son dossier qui lui empêchait de recevoir son argent pendant plusieurs mois ! et oui ! plusieurs mois ! Et les commis étaient désolés... il ne pouvait rien faire !
Mon copain a déjà été privé de revenus pendant trois mois. Il avait abandonné sa session dans une école privée et celle-ci avait remboursé les prêts et bourses, mais le chèque s'était perdu quelque part ! En conséquence, quand mon copain a repris les études la session suivante, le dossier considérait qu'il avait déjà reçu l'argent et qu'il ne pouvait donc plus en avoir ! Trois mois durant lesquels j'ai tout payé pour lui avec mon maigre prêt et nous avons gratté partout pour manger... bien sûr, les commis étaient désolés, autant ceux de mon école que ceux à l'édifice des prêts et bourses sur la chevrotière, même ma grossesse ne les a pas émus. Après tout, si le système ne veut pas... même si tu crèves devant un ordi, ça ne l'émeut pas !
Je vais me battre pour ravoir mon argent en faisant une demande de dérogation, mais les documents requis sont tellement complexes à avoir, c'est comme si on voulait nous décourager ! Je le fais quand même et vous en donne des nouvelles. En attendant, je dis à tous : les étudiants méritent d'être aidés financièrement, surtout ceux qui, comme moi, ne peuvent pas compter sur leurs familles et doivent en faire vivre une à leur tour ! Ceux qui se croient victimes d'injustices, je vous encourage à réclâmer vos droits ; ceux qui croient que les étudiants sont gâtés pourris, je vous invite à visiter ma vie... je vis dans une simplicité volontaire forcée.
À tous les gens qui savent que la pauvreté diminue les chances de réussir dans la vie.